16.09.2009

Dérives bancaires

Pour éviter la dérive d’un bateau, on utilise une dérive qui va s’appuyer sur l’eau et permettre d’exploiter au mieux la force propulsive.

Pour empêcher la dérive d’une banque, il n’existe aucune dérive capable de résister au cumul des différentes résistances immergées et émergées. Le vent s’engouffrant dans les “subprimes”, tentera bien de pousser la banque vers l’avant, mais la force de la traînée visqueuse de ces derniers la ralentit. Elle simule sur les écrans d’ordinateur des profils de produits dérivés, mais trop tard, cette nouvelle architecture génère son lot de contraintes. Les manoeuvres des virements de bord sont réalisés par des têtes intelligentes mais humaines. Les produits hasardeux ont le mal de mer. À la gîte, sans dérive, les cours s’affaissent. Sa marche en crabe, de bâbord à tribord réduit encore son allure. Trois signaux sonores indiquent qu’elle bat en arrière. Trop tard, l’iceberg pourtant détectable à l’oeil nu fend la carène avant. La marée montante engloutit le capitalisme financier, son lot d’humains qui le compose, livrant à une dérive exotique l’infrastructure de la banque construite sur les marécages de la titrisation. Barre bloquée, les hommes à bord paniquent, ils prient l’état d’organiser leur sauvetage. Ils jurent que plus jamais on ne les prendrait au jeu du hasard. Sauvée de justesse par des bouées remplies de milliards, elle tente désormais de se reconstruire sur le marché des assurances vie, copier/coller des “subprimes” …

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