16.09.2009
Dérives bancaires
Pour éviter la dérive d’un bateau, on utilise une dérive qui va s’appuyer sur l’eau et permettre d’exploiter au mieux la force propulsive.
Pour empêcher la dérive d’une banque, il n’existe aucune dérive capable de résister au cumul des différentes résistances immergées et émergées. Le vent s’engouffrant dans les “subprimes”, tentera bien de pousser la banque vers l’avant, mais la force de la traînée visqueuse de ces derniers la ralentit. Elle simule sur les écrans d’ordinateur des profils de produits dérivés, mais trop tard, cette nouvelle architecture génère son lot de contraintes. Les manoeuvres des virements de bord sont réalisés par des têtes intelligentes mais humaines. Les produits hasardeux ont le mal de mer. À la gîte, sans dérive, les cours s’affaissent. Sa marche en crabe, de bâbord à tribord réduit encore son allure. Trois signaux sonores indiquent qu’elle bat en arrière. Trop tard, l’iceberg pourtant détectable à l’oeil nu fend la carène avant. La marée montante engloutit le capitalisme financier, son lot d’humains qui le compose, livrant à une dérive exotique l’infrastructure de la banque construite sur les marécages de la titrisation. Barre bloquée, les hommes à bord paniquent, ils prient l’état d’organiser leur sauvetage. Ils jurent que plus jamais on ne les prendrait au jeu du hasard. Sauvée de justesse par des bouées remplies de milliards, elle tente désormais de se reconstruire sur le marché des assurances vie, copier/coller des “subprimes” …
Petite humaine laissée pour morte, atteinte dans sa dignité, l’entreprise déclarée échec et mat. Je savoure avec délice cette cerise sur le gâteau qui permet de s’exprimer plus librement sur les dérives du système bancaire. Enfin, J’ai la décence de ne plus respecter ce qui n’est plus respectable.
2006, création de notre entreprise innovante. Le hasard me conduit à pousser la porte verte d’une agence du crédit agricole du Finistère. Le slogan « Une relation durable, ça change la vie » est prometteur.
Après un circuit de décisions comportant plusieurs instructions de notre business plan et sa présentation à la caisse régionale du crédit agricole du Finistère, nous obtenons sans aucune difficulté, une aide directe, une avance remboursable à taux zéro (* “Ideca 29“) et un accord de financement pour l’acquisition de matériel industriel nécessaire à notre activité. Au préalable, toutes mes économies (trente cinq mille euros) ont contribué au développement de prototypes.
Action !
L’entreprise est désormais créée, l’aide directe et l’avance remboursable seront débloquées après un pot convivial en présence des acteurs principaux de la banque.
Notre sérénité concernant le financement de notre entreprise sera de courte durée. Du jour au lendemain, le banquier se ravisera sans aucune raison et refusera de débloquer les fonds. Nous venons de franchir un cap douteux : la déresponsabilisation bancaire. Par courrier recommandé, je rappelle au banquier productif de papiers et décréateur de valeur que le crédit agricole du Finistère a signé des attestations bancaires. Leurs contenus indiquant clairement les accords des financements octroyés à notre entreprise. Fermé comme une huître, retranché dans sa coquille verte, il refusera toute communication verbale ou écrite. Son mutisme indiquant son mépris dictera sa loi, celle du plus fort.
Fondée sur un autoritarisme animé d’une intransigeance bornée, la caisse régionale du crédit agricole du Finistère fera fi de la réalité et ne contredira jamais cette décision incompréhensible. A l’abri dans son monde illusoire, état dans un état, hors des lois, la banque verte vient en toute impunité dans notre cas de transgresser sur plusieurs points les loisdu code monétaire et financier.
Une banque est constituée tout du moins, je le pensais, d’hommes psychologiquement, équilibrés et consciencieux.Mais erreur, leurs principes d’éthique sont tombés en désuétude et quand malencontreusement, ils trébuchent sur leurconscience…ils n’ont même pas mal !
Première anecdote peu banale, le fond ”Ideca 29” (fond à la transparence limitée) est destiné à améliorer les probabilités de succès d’un projet de création ou de développement d’entreprise. Objection, “Ideca 29” a conduit notre entreprise au bord du gouffre et des interdits bancaires. Cela durera dix huit mois. Longue période de médiation, d’avocats où seul un référé du tribunal de Grande Instance mettra fin à ce cauchemar en ordonna la suspension de toutes les interdictions tout en condamnant la caisse du crédit agricole du Finistère. Leur puissant stratagème
empêchera toute nouvelle négociation avec des banques concurrentes, des fonds d’investissements et de disposer du soutien d’Oséo. Ainsi notre entreprise ne sera jamais dotée des financements nécessaires à son développement.
Seconde anecdote peu rassurante. La banque verte du Finistère pèsera de tout le poids de sa renommée départementale pour limiter toute prise de position ferme en faveur de notre entreprise. Ainsi brilleront par leur absence de réaction face aux pratiques scandaleuses de cette dernière : une association chargée d’accompagner et de favoriser le développement des entreprises innovantes, une chambre de commerce, expert comptable et avocat.
Enfin une intrigue encore non résolue : le comportement inhabituel de cette banque face à notre compte bancaire depuis trois ans.
Présumé coupable de l’acte de créateur d’entreprise, je me tiens droite à la barre, la sentence est exemplaire. Seule contre tous, anéantie par les humiliations, parfois par le désespoir .J’ai été condamnée à mener à bien une entreprise sans financement et trésorerie à cause de la bêtise vengeresse de la banque du crédit agricole du Finistère. Combien de temps me reste t-il à purger ?
Ces quelques lignes soulignent la difficulté de créer ou de développer une entreprise en ce troisième millénaire face aux banques qui ne créent aucune valeur. Grandes créatrices d’acronymes, elles cherchent à vendre ses macabres trouvailles qui nous conduisent tout droit vers la nouvelle crise financière. D’où la volonté et l’urgence de lancer un débat et d’associer des idées sur un mode de financement hors circuit bancaire traditionnel ayant une conception objective de l’entreprise, de l’éthique, de l’environnement social et écologique. Marie C
* Définition : Fond de développement local destiné à soutenir « tout projet économiquement viable avec valeur ajoutée pour le territoire de la caisse locale » Ce fond n’est pas une structure de financement bancaire mais un moyen de doter les bons projets de moyens supplémentaires et gratuits en vue d’améliorer leurs probabilités de succès.
16:50 Publié dans Finances | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : banques, dérives bancaires









Commentaires
C'est super
Ecrit par : MILOU | 28.10.2010
Écrire un commentaire